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           Quelques événements du 15 JUIN


          Sac de Rome par les Vandales. C'est l'impératrice elle-même qui, dit-on, aurait demandé à une bande de barbares de piller Rome.

          Tout aurait commencé par la passion que l'empereur romain Valentinien aurait vouée à la femme de l'un de ses sénateurs, Pétronieux

           Maximus. Celle-ci voulant demeurer fidèle à son mari, l'empereur, pour aboutir à ses fins, employa une ruse pour obtenir une entrevue

        très privée avec elle, et il y parvint. La jeune femme rentra chez elle en larmes et raconta tout à son mari. Celui-ci se vengea en tuant

             Valentinien, puis épousa Eudoxie, la veuve de sa victime, sa propre femme étant décédée entre-temps - peut-être de chagrin d'avoir

              été déshonorée. Lorsqu'il avoua à Eudoxie qu'il était l'assassin de l'empereur, celle-ci, pour venger son défunt mari, aurait fait

               appel aux Vandales. L'histoire ne semble-t-elle pas quelque peu invraisemblable ? La vérité est sans doute infiniment plus simple :

            Rome n'était-elle pas une proie suffisamment riche et tentante pour y attirer les barbares de leur propre chef ? Et cela sans faire

          intervenir la vengeance d'une femme ? L'épisode du Sac de Rome est à l'origine du mot vandalisme, mais le terme n'apparut que

             sous la Révolution française.

 

 Les Vandales pillant Rome, par Heinrich Leutemann (1824-1904)

               24 juin
          Les feux de la Saint-Jean. Ils ont succédé aux feux sacrés que presque tous les peuples de l'Antiquité, Egyptiens, Perses ou Romains,

            allumaient à minuit le 21 juin, jour du solstice d'été. Avec l'époque chrétienne, la fête s'est maintenue, mais on l'a déplacée

          de quelques jours, simplement pour la faire coïncider le 24 juin, fête chrétienne de Saint-Jean-Baptiste. Si, à la campagne, la tradition

             la plus importante de la Saint-Jean demeurait les bûchers et les feux de joie, à Paris, la Saint-Jean était fêtée beaucoup

            plus solennellement. On dressait, sur la place de Grève, un immense bûcher qui n'était pas un simple entassement de branchages,

              mais une réelle construction en bois de soixante pieds de hauteur. A l'intérieur on y entassait des herbes nuisibles, telles que le

         chiendent. Tout au sommet de la pyramide, on plaçait un panier où se trouvaient enfermés deux douzaines de chats (parce qu'aux chats

            était liée une idée de sorcellerie), on y joignait un renard ou un loup, et même un ours. Tant pis s'ils ne font pas bon ménage, disait-on, 

            ce n'est pas pour longtemps ! Quand tous les préparatifs se trouvaient terminés, le roi faisait une arrivée solennelle, accompagné des

          princes du sang, du gouverneur de Paris, du prévôt des marchands et tous les échevins, en grand habit de cérémonie, avec autour du cou

          des guirlandes de fleurs. On faisait tirer douze grosses pièces d'artillerie. Le roi tournait trois fois autour du bûcher. Après quoi, il y

            mettait lui-même le feu avec une torche de cire blanche, à poignée de velours cramoisi.

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