1943

1943


Le Point.fr - Publié le 02/08/2012 à 00:08 - Modifié le 02/08/2012 à 10:03

Commandant d'une navette découpée en deux par un croiseur japonais, le futur président joue à Superman en nageant d'île en île.

2 août 1943. Le jour où John Kennedy sauve son équipage des Japs. Mais quel héros !

 

 

Beau gosse, noceur, play-boy, le jeune John Fitzgerald Kennedy n'a pas l'emploi d'un héros et encore moins la gueule d'un futur président des États-Unis. Et, pourtant, il sera l'un et l'autre. Comme quoi Beigbeder a encore toutes ses chances pour l'Élysée... Malgré des douleurs chroniques au dos qui le font que l'armée le refuse une première fois, John parvient à s'engager dans la marine américaine en 1941, à 24 ans. Quel héros !

C'est ainsi qu'il se retrouve durant l'été 1943 en train de naviguer autour des îles Salomon, non pas à bord d'un yacht avec une belle pépée à son bras, mais sur la vedette lance-torpilles PT-109, dont il assure le commandement. Le 1er août 1943, quinze vedettes, dont la sienne, reçoivent l'ordre d'intercepter et de couler un convoi de destroyers japonais traversant le détroit de Blackett. Ayant peut-être abusé du whisky la veille au soir, les Américains tirent trente torpilles qui manquent toutes leur cible. Toutes les vedettes regagnent leur base la queue basse, sauf les trois vedettes - dont celle de John - qui n'ont pas encore claqué toutes leurs dragées. Elles restent en embuscade dans une nuit d'encre (et pas d'ancre), la Lune ayant préféré ne pas assister au carnage.

Cinq kilomètres à la nage

Vers 2 h 30, Kennedy et ses hommes voient surgir des ténèbres une énorme masse. Pas le temps de commander des sushis, et encore moins d'armer une torpille que déjà le destroyer Amagiri découpe la minuscule vedette comme une tranche de thon rouge. Le choc envoie Kennedy valdinguer dans le cockpit. Lui qui souffre déjà du dos ! Quel héros ! Si deux membres de son équipage meurent dans la collision, les autres sont seulement projetés à l'eau. Ils parviennent à remonter à bord du PT-109 réduit à l'état d'épave. Certains sont blessés, d'autres intoxiqués par la fumée. Personne n'ose tirer une fusée éclairante pour attirer les secours par peur des Japonais qui occupent toutes les îles aux alentours.

Après une rapide leçon de nage libre par Yannick Agnel, les survivants décident de quitter l'épave à la nage pour rallier un îlot désert situé à 5 kilomètres de là. John, qui a appartenu à l'équipe de natation de Harvard, hale l'un de ses hommes blessés en tenant sa ceinture entre les dents. Quel héros ! Deux autres marins ne sachant pas nager sont ficelés sur une planche tirée par les sept autres. Après plusieurs heures d'efforts, ils atteignent enfin l'îlot. Désappointé de ne pas être accueilli par Pamela Anderson, John repart à la nage vers le passage de Ferguson, souvent emprunté par les navires américains, en espérant attirer l'attention de l'un d'eux. Il entame un formidable marathon natatoire, progressant d'île en île, de récif en récif. Il atteint enfin le passage, mais, comme soeur Anne, il ne voit rien venir, car, cette nuit-là, la marine américaine n'est pas de sortie. Dépité, John rebrousse chemin. Le retour est un calvaire, plusieurs fois des courants manquent de l'emporter. Il finit par rejoindre son équipage, mort de chez mort. Il dort toute la journée. Quel héros !

Indigènes en canoë

Impossible de rester plus longtemps sur cet îlot où l'eau manque. Les marins nagent jusqu'à l'île Olasana, sur laquelle ils dénichent des noix de coco, mais leurs estomacs habitués aux burgers ne les supportent pas. Surtout, ils ne trouvent pas d'eau, n'osant guère pénétrer à l'intérieur des terres par crainte des patrouilles japonaises. Après une nuit glacée, John et un certain Ross nagent jusqu'à l'île suivante, l'île Naru. Sur la plage, ils tombent sur une boîte pleine de bonbons japonais et, un peu plus loin, sur des conserves contenant de l'eau. Ils découvrent même un canot caché dans les buissons.

Au moment de repartir, John et Ross aperçoivent deux indigènes en canoë. Amis, ennemis ? Ils prennent le risque d'attirer leur attention, mais ils ne font que déclencher leur fuite. C'est un coup dur, mais un héros n'abandonne jamais. Avec l'embarcation trouvée dans les buissons, Kennedy retourne guetter des navires amis dans le passage de Ferguson. Une fois de plus, il fait chou blanc. Il n'a plus qu'à apporter les bonbons et l'eau à ses compagnons d'infortune qui l'attendent sur l'île d'Olasana.

Message sur une noix de coco

Bonne surprise, il trouve son équipage en grande conversation avec les deux indigènes vus la veille. En fait, ceux-ci servent d'éclaireurs aux forces alliées. Le lendemain, le 6 août, les deux hommes s'en vont en emportant un message de Kennedy gravé sur une noix de coco pour demander du secours. Ce qui n'empêche pas le capitaine courageux de repartir une fois de plus avec Ross pour se poster dans le passage de Ferguson. La mer est grosse. Ils doivent se battre contre les vagues pour ne pas périr noyés. Marilyn Monroe leur envoie un baiser. Finalement, le lendemain matin, le 7 août, huit natifs des îles Salomon apparaissent sur l'île des naufragés avec de la nourriture et les instructions du lieutenant Reginald Evans ordonnant à Kennedy de venir le retrouver sur l'île de Gomu. Les deux hommes n'ont plus qu'à planifier le sauvetage de l'équipage du PT-109, au nez et à la barbe des Japonais.

Le 8 août à l'aube, Kennedy est de retour sur l'île d'Olasana, à bord d'une navette lance-torpilles. Ses hommes sont embarqués et amenés sur la base américaine de Rendova. Mission accomplie. Super-Kennedy est décoré de la médaille Purple Heart. Le play-boy est devenu un héros. Son papa en fera un président dont la première décision sera de renforcer l'interventionnisme américain au Vietnam. Quel héros !

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