1969

1969


Le Point.fr - Publié le 19/07/2012 à 23:59

À chacun son initiative historique. Armstrong émet sa célèbre phrase "C'est un petit pas...", Aldrin satisfait une envie pressante.

20 juillet 1969. Armstrong et Aldrin alunissent. Juste à temps : Aldrin a besoin d'uriner.

 

 

Après quatre jours d'un trajet plutôt monotone, le 20 juillet 1969, les trois astronautes américains Armstrong, Aldrin et Collins pénètrent dans la banlieue lunaire. Préposé au pilotage de la navette Columbia, Michael Collins l'installe sur orbite. C'est du gâteau. Au tour de Neil Armstrong et de Buzz Aldrin d'aller jouer à chat perché sur la Lune. Devant le regard envieux de Collins, ils se glissent dans le module lunaire Eagle qui bientôt entame sa descente vers le satellite de la Terre. Durant les deux premières heures du vol, rien à signaler. Aldrin sent bien que sa vessie commence à le travailler, mais rien d'urgent. Piloté par Armstrong, le Lem, baptisé Eagle, aborde la phase finale. C'est alors qu'à plusieurs reprises une alarme se déclenche. Au sol, les contrôleurs serrent les fesses, Aldrin autre chose. Armstrong reste, quant à lui, aussi froid qu'un Clinton en train de caresser la tête d'une Monica. Vérification faite, l'alarme provient de l'ordinateur de bord qui se plaint d'avoir trop de données à traiter simultanément. Cela nous semble de nos jours incroyable, mais la puissance de l'informatique embarquée du Lem d'Apollo 11 aurait, aujourd'hui, du mal à faire fonctionner le sonotone de Robert Hossein. Pour l'ordinateur, Houston récupère une partie des calculs.

|A l'intérieur d'Eagle, les deux astronautes conservent un sang-froid extraordinaire. Leur pouls ne battrait pas plus rapidement s'ils disputaient une partie de pêche ensemble. Ils ne pensent qu'à atterrir. Que les alarmes aillent se faire foutre. Ils ne sont pas parvenus jusqu'ici pour faire demi-tour. Se concentrant sur les cadrans qui indiquent altitude et vitesse, Buzz en égrène les valeurs pour en informer Neil. Au dernier moment, voyant qu'Eagle plonge droit vers un cratère au sol bosselé, Armstrong débranche le pilotage automatique pour s'emparer des commandes. Le sol défile sous le Lem. L'attente est interminable. Une nouvelle alarme retentit pour indiquer que le réservoir de carburant est presque vide. Armstrong s'en fiche royalement. Il poursuit sa route. Plus que 40 secondes de carburant, indique la jauge. L'astronaute conserve sa route, imperturbable. Pas question de se poser de guingois. La vessie d'Aldrin commence à crier grâce. Sur Terre, les milliers d'ingénieurs de la Nasa sont sur le point de tourner de l'oeil. Plus tard, on constatera qu'en réalité le réservoir n'était pas si vide que cela.

"C'est un petit pas..."

Enfin le Lem atteint l'autre bord du cratère. Armstrong amorce la descente. À exactement 20 h 17 et 39 secondes, temps universel, le Lem pose une patte à... lune. Les astronautes ne voient rien à cause de la poussière soulevée. Armstrong lance dans le micro : "Houston, ici la base de la Tranquillité. L'Aigle a atterri..." Explosion de joie. Les deux hommes se congratulent brièvement. Mais ils restent sur leurs gardes, prêts à remettre les gaz à la moindre alerte. Normalement, un temps de repos est prévu avant la sortie. Mais qui pourrait dormir dans ces circonstances ? Aussi, Neil et Buzz demandent à Houston d'accélérer la manoeuvre. Permission accordée. Tous deux commencent par casser la croûte, puis entreprennent la très longue préparation de la sortie extravéhiculaire. Surtout, ils doivent enfiler leur scaphandre. Rien à voir avec un jogging. Six heures après l'alunissage, ils sont enfin prêts à sortir. En tant que commandant de la mission, l'honneur de sortir en premier revient à Armstrong. Alors qu'il est le plus près de la porte, Aldrin, qui est militaire (et pas Armstrong) et surtout dont la vessie s'apparente à une montgolfière, fait une sacrée tronche. Mais les ordres sont les ordres. Il se laisse enjamber par son compagnon qui, au passage, arrache un bouton du tableau de bord. Aldrin le ramasse. Merde, c'est la commande de mise à feu pour repartir. Qu'à cela ne tienne, Buzz va en bricoler un autre avec le capuchon d'un stylo. MacGyver est à bord.

Armstrong émerge du sas. Il installe la caméra qui le filmera, puis entame la descente de l'échelle plaquée sur le flanc d'Eagle. Quelques centaines de millions de Terriens regardent sa silhouette floue sur l'écran de leur télé. Enfin, instant historique, à 2 h 56 - nous sommes passés au 21 juillet -, Armstrong pose un pied sur la Lune. "C'est un petit pas pour un homme, mais un bond de géant pour l'humanité." Quinze minutes plus tard, c'est au tour de Buzz de descendre. Le monde entier le regarde à son tour. Soudain, on le voit s'arrêter quelques secondes. Le moment est historique. Que va-t-il dire ? Que va-t-il faire pour marquer cet instant ? Rien apparemment, il reprend sa descente. Bien des années plus tard, après son retour sur Terre, il avouera s'être alors offert une pause pipi. Véridique.


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