1565

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Le Point.fr - Publié le 29/07/2012 à 00:00 - Modifié le 01/08/2012 à 23:26

La Marie fait honneur aux blondes, elle enchaîne faux pas sur faux pas, ce qui lui vaudra de perdre la tête en Angleterre.

29 juillet 1565. Après avoir été reine de France, Marie Stuart épouse son cousin écossais. Shocking !

 

 

Extraordinaire destin que celui de Marie Stuart, la première "people" de l'histoire. Reine d'Écosse à 6 jours, reine de France à 16 ans, veuve à 18 ans, remariée à 22 ans, meurtrière de son époux à 24 ans, remariée à 24 ans. Décapitée à 44 ans. Qui peut dire à Nikos de ne pas chercher son numéro de portable pour l'interviewer sur TF1 ? Elle est morte voilà cinq siècles... Pour ne rien gâcher, cette fille est un canon. Grande, blonde, souriante, sexy, dansant comme une déesse. C'est Madonna avec 20 centimètres de plus.

Des parents du plus grand chic : sa mère est la soeur du duc de Guise et son père est roi d'Écosse. Mais ce dernier a le manque de tact de décéder quelques jours après sa naissance. Du coup, la mère la ramène à la cour de France, où elle élevée en compagnie des enfants de Catherine de Médicis. Elle s'entend merveilleusement bien avec le petit François. Elle, la magnifique. Lui, le petit crevard. On la pousse à l'épouser quand elle a seulement 15 ans. En 1559, à la mort de son père Henri II (voir l'éphéméride du 11 juillet), François II devient roi de France. Effrayé par une telle responsabilité, il s'empresse de quitter le royaume des vivants. Voilà Marie veuve à 18 ans. Catherine de Médicis la poussant gentiment vers la sortie, elle préfère filer en Écosse pour reconquérir sa couronne et, ultérieurement, celle d'Angleterre dont cette chipie d'Elizabeth s'est emparée.

Amour et conspirations

Inutile de dire qu'elle n'est pas accueillie avec tambours et trompettes dans le pays du whisky. Elle, la catholique chez les barons protestants. Mais elle se bat, avec la rage d'une Rachida contre Fillon dans le 5e arrondissement parisien. Le 29 juillet 1565, elle se remarie avec son cousin, Henri Stuart, dit lord Darnley. La rusée fait coup double : et d'une, elle l'adore ; et de deux, elle renforce sa légitimité au trône. Lui est complètement dingue, une sorte de tête brûlée comme les princesses les aiment. Du reste, lui aussi est fou amoureux. Ils sont grands, ils sont beaux, ils sentent le sable chaud... Ils célèbrent leur mariage sans même attendre la dispense du pape rendue nécessaire par leur cousinage. S'ils passent jours et nuits au septième ciel, la majorité des lords écossais rêvent de les envoyer en enfer. Quant à la reine d'Angleterre Elizabeth, elle est furieuse de voir ces deux parents d'Henri VIII, donc des prétendants à sa couronne, unir leur force dans un mariage. Elle a raison, la fine mouche, car déjà un héritier est en route dans les flancs de Marie qui, des années plus tard, lui succédera sur le trône.

Mais voilà que le jeune époux de la reine attrape le melon perdu par Mélenchon après la présidentielle. Il se montre de plus en plus arrogant. Il réclame même à Marie la couronne matrimoniale qui lui permettrait de rester roi si elle venait à mourir. Pas folle, la guêpe, elle refuse, le rendant ainsi furieux. Avec cela, il est jaloux comme une teigne. Il soupçonne Marie de le tromper avec son secrétaire privé, le catholique David Rizzio. L'infâme paparazzi Jean-Claude Elfassi fait courir le bruit que ce dernier serait le véritable père de l'enfant royal. Closer publie des photos où on voit Marie avoir un geste tendre pour le bel Italien. Darnley pète un câble au point de monter une conspiration avec le parti protestant. C'est ainsi que, le 9 mars 1565, les conspirateurs déboulent en plein banquet pour assassiner Rizzio sous les yeux de Marie, épouvantée. Darnley espère que la vue du crime la fasse avorter. Peine perdue. Maintenant, les lords protestants tiennent la place. Darnley comprend un peu tard sa bêtise. Il confesse sa faute à son épouse tout en expliquant qu'il n'a jamais voulu la mort de Rizzio. Y croit-elle seulement ? En tout cas, ils parviennent à s'échapper du château tenu par les protestants pour regagner Édimbourg, où Marie fait mine de pardonner à son époux. Mais déjà son coeur vole ailleurs...

Cadavre à moitié nu

Darnley noie son chagrin dans l'alcool et dans les prostituées. Il ne va vraiment pas bien, le pauvre garçon. Ne le surprend-on pas en train de nager très loin du rivage comme s'il cherchait à se noyer ? Pourtant, il finit par reprendre du poil de la bête, se remettant à comploter, tous azimuts, contre Marie, pour récupérer son fils et la couronne d'Écosse. Du coup, celle-ci opère une volte-face, se rapprochant du parti protestant à qui elle pardonne le meurtre de Rizzio. Passons sur les détails. Marie tombe malade et Darnley, pourri jusqu'à la moelle par la syphilis, trouve refuge chez son père, à Glasgow. Bonne fille, elle va le visiter, lui promet de le reprendre à ses côtés s'il revient avec elle à Édimbourg. Mais est-ce sincère ? Elle a en effet déjà entamé une nouvelle liaison avec James Hepburn, comte de Bothwell. Darnley, encore malade, arrive donc à Édimbourg, mais son épouse exige qu'il loge sous un autre toit qu'elle, de peur de la contagion. Que mijote-t-elle ?

La réponse tombe dans la nuit du 9 au 10 février 1567 : une immense explosion détruit le château où loge Darnley. Son cadavre est retrouvé à moitié nu dans le jardin. Apparemment, il est mort d'asphyxie. A-t-il été assassiné ? Marie a-t-elle trempé dans le crime ? Beaucoup d'Écossais en sont persuadés. La reine d'Angleterre s'en inquiète, et lui écrit : "Les hommes disent qu'au lieu d'appréhender les meurtriers vous vous cachiez les yeux pendant qu'ils s'échappaient ; que vous ne cherchez pas à vous venger de ceux qui vous ont donné tant de plaisir, comme si l'acte n'avait jamais eu lieu et que ses auteurs avaient été assurés de l'impunité. Pour ma part, je vous prie de croire que je n'aurais jamais de telles pensées." Tu parles, Charles...

Exécutée pour complot

En fait, tout le monde est persuadé qu'il y a bien eu meurtre et que l'instigateur en est Bothwell, l'amant de Marie Stuart. Sans hésiter, le père de Darnley, le comte de Lennox, fait un procès à celui-ci. Mais il débouche sur un acquittement de Bothwell. Faisant fi des rumeurs, Marie et Bothwell se marient le 15 mai 1567. Ce mariage provoque un tel scandale qu'exactement un mois plus tard Bothwell doit s'enfuir d'Écosse, abandonnant à jamais sa jeune épouse. Cette dernière est bientôt arrêtée par une confédération de nobles écossais. Elle avorte de jumeaux durant sa captivité. Enfin, elle renonce au trône d'Écosse le 24 juillet 1567, au profit de son fils James (Jacques VI d'Écosse), âgé d'un an.

Après un long emprisonnement en Angleterre, Marie Stuart est exécutée le 8 février 1587, accusée d'avoir comploté contre la reine d'Angleterre Elizabeth Ire. Pourtant, elle ne perd pas tout puisque son fils, et donc celui de Darnley, deviendra roi d'Angleterre et d'Irlande à la mort d'Elizabeth, sous le nom de James Ier (Jacques Ier).


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